Tartine pour Femme/Homme – Rue Traversette

 

Rue Traversette, 2015.

Cible : ♀ / ♂


 Caractéristiques

Deux terrines de légumes apéritives en pot proposant chacune différents bienfaits spécifiques. La « Tartine franchouillarde pour Femme – trop bonne » se compose d’avocat, de céleri, de fenouil, de pomme et de thé vert. La « Tartine franchouillarde pour Homme – le mâle » est composée de d’oignon, d’asperge, de carotte et de gingembre.


Justification / « bénéfices produit »

La Tartine pour Femme promet un « effet ventre plat assuré » grâce à « des fibres, des légumes pour le transit ».
La Tartine pour Homme « aide à la virilité », avec des « légumes aux acccents virils, symboles du mâle « vigoureux » ».


Réception

Assez classique, deux camps s’opposent : celles et ceux qui critiquent férocement l’idée de genrer un produit aussi neutre qu’une terrine, et celles et ceux qui n’y voient que de « l’humour » et pensent que « des combats plus importants » sont à mener.


Problème

✔ Stéréotypes de genre : habitudes de vie (la Femme est perpétuellement au régime, elle ne peut apprécier un apéritif que s’il lui assure un ventre plat. L’Homme est perpétuellement en quête de satisfaction sexuelle et se doit d’être performant, il privilégie donc les aliments aphrodisiaques.)
✔ Injonctions à la minceur : la description de la Tartine pour Femme précise bien après avoir détaillé la composition gourmande de sa terrine « n’oubliez pas pour autant votre jogging », sous-entendant que la Femme se doit de faire du sport, de s’entretenir et de ne surtout pas grossir.
✔ Injonctions à la désirabilité : la Tartine pour Femme est sous-titrée « trop bonne », usant ainsi d’un jeu de mot douteux pour nous rappeler qu’il est important pour une Femme d’être désirable aux yeux de la société, et qu’il faut être mince pour l’être.


Réaction de la marque

Interpellée par Sandrine de la PinardotheK, la marque s’est immédiatement retranchée derrière le sacro-saint humour et le « second degré », prétextant que l’on pouvait s’amuser des stéréotypes et que les femmes obsédées par les régimes existaient bel et bien (demandez-vous donc pourquoi). Elle a également précisé que l’équipe ayant travaillé sur ces produits était mixte, sous-entendant ainsi qu’ils ne pouvaient donc pas être sexistes, avant de se plaindre de « la fatwa des extrémistes féministes ».

Le jour suivant, la marque s’est cependant fendue d’un mot d’excuses concernant la gestion de la « crise ».

À toutes celles et ceux qui ont témoigné avec colère, force, d’une manière ou d’une autre, leur indignation devant mes propos, je leur présente mes sincères excuses.


Points bonus

✔ Grossophobie (l’injonction à la minceur de la Tartine pour Femme)
✔ Transphobie (les sous-entendus sur les légumes phalliques et le « mâle vigoureux » font bien entendu référence à la sexualité puissante et pénétrante de l’Homme – et donc de son Pénis)
✔ « Mais c’est de l’humour. »


Contacter la marque

Site de Rue Traversette
Facebook / Contact

Rue Traversette
La Garrigue – 13 rue de l’Amellau
34725 Saint André de Sangonis

souriez@ruetraversette.com

 +33 (0)9.81.85.31.78



Voir aussi


→ Tartine gate* – La PinardotheK
Une marque de tartines qui n’aime pas qu’on pointe son sexisme – Libération

Au sujet de l’humour :
L’humour est une chose trop sérieuse…

…pour être laissée à des rigolos

L’impolitesse du désespoir – Une heure de peine, Denis Colombi

Petit tour d’horizon des produits alimentaires genrés :

les cornichons « croquants et puissants » pour Homme et « croquants et adorables » pour Femme de Kühne (Allemagne)
– la tisane pour Homme et pour Femme de Yogi Tea
les Männer-Bratwurst, saucisses épicées pour Homme,  et les Frauen-Bratwurst allégées en matières grasses pour Femme d’Edeka (Allemagne)
– les œufs de poule pour garçons et filles

Contrex

Bouteille Contrex

Image : Contrex ( ! musique automatique)

Contrex_AUSTRALIE2

Image : Contrex – Agence Australie

Contrex_AUSTRALIE

Image : Contrex – Agence  Australie

Nestlé Waters – 1976 (rachat par Nestlé)

Cible : ♀


 Caractéristiques

Contrex est une eau minérale plate vendue en bouteille plastique. Le bouchon et l’étiquette sont roses.

Le positionnement « minceur » existe depuis 1954 et le slogan « Affinez votre taille en lavant vos reins« . Si la marque a quelque fois ciblé aussi les hommes, cet idéal de minceur a toujours été vendu aux femmes, et les cible dorénavant exclusivement – suivant ainsi cette tendance à vouloir genrer de plus en plus les produits de consommation courante.

Ainsi, le rose est la couleur principale de la marque depuis 2000, date à laquelle la marque change d’identité. Le bouchon auparavant bleu devient alors rose, et le logo est affublé d’un cœur (jusqu’en 2013, date à laquelle le logo est modifié pour sa version actuelle mettant en avant les minéraux contenus et le slogan).
La bouteille, quant à elle, avait changé de forme en 1997 afin d’évoquer un buste de femme.

Les dernières campagnes publicitaires se veulent moins directives qu’avant, plus « fun » et complices.

Contrex a aussi connu des versions aromatisées, avec des parfums rappelant les gels-douches stéréotypés féminins « poire-vanille des îles », « fruits rouges », « fraise melba ».

Quelques slogans : « L’atout coeur des femme », « Mon partenaire minceur », « Affinez votre taille en lavant vos reins » (1954), « Aide-toi, Contrex t’aidera » (1976), « Contrex, source de minceur»…


Justification / « bénéfices produit »

L’élimination au quotidien, cela compte pour prendre soin de son poids

Quand vous buvez suffisamment, vous aidez votre corps à éliminer. L’eau minérale naturelle, comme CONTREX, est une eau pure et saine. Pour prendre soin au quotidien de votre ligne ou dans le cas d’un régime alimentaire, il est nécessaire d’éliminer régulièrement. Une bonne élimination est utile lorsque vous prenez soin de votre poids.


Réception

3e eau embouteillée vendue derrière Evian et Vittel.
Leader sur les eaux « de santé, elle affiche 11,3% de part de marché.


Problème

✔ Rose
✔ Stéréotypes de genre : goûts (la Femme, futile, a besoin d’une bouteille « discrète », « féminine », au « format élégant ». Et son sac à main est plein de choses superflues.) (cf campagne Australie, en haut de l’article)
✔ Stéréotypes de genre : habitudes de vie (la Femme est une créature perpétuellement au régime, cette eau ne s’adresse donc qu’à elle)
✔ Stéréotypes de genre : intérêts (elle ne pense qu’à son régime, toute la journée : voir la campagne parisienne de Marcel. Surtout compter les calories en toutes occasions.)
✔ Stéréotypes de genre : intérêts
Le dernier packaging signé Dragon Rouge nous propose les défis du jour sur l’étiquette au dos des bouteilles : virée shopping express le midi avec les collègues, soirée potins entre filles, massage sensuel à son Jules … (la Femme Contrex est hétérosexuelle, citadine avec un emploi de bureau et un goût immodéré pour le shopping.)
✔ Injonctions à la minceur & infantilisation
Les dernières campagnes mettant l’accent sur le fun soulignent à quel point le régime est contraignant, mais tout de même nécessaire. Il faut le rendre amusant pour que la Femme tienne ses résolutions. « On mincirait mieux si c’était plus fun ». (voir pubs Contrexpérience avec le strip-teaseur / les beaux gosses)
« Les femmes ont besoin de fun et de légèreté pour faire attention à leur ligne et rester sereine. »
(Étude Contrex-IPSOS sur les Françaises et la minceur)

✔ Infantilisation (« filles »)
✔ Vocabulaire de la complicité, de la connivence : « mon partenaire minceur », « ma gamme fétiche », « mini complice », « ma Contrexpérience ». Hashtag #JeMincisFunQuand.

 


Points bonus

✔ Grossophobie (l’injonction à la minceur est le cœur de marque)
✔ Hétérocentrisme (« massage à son Jules », pubs Contrexpérience 1 & 2)


Contacter la marque

Site Contrex
Facebook Conrex / Twitter NestléWaters France

Nestlé Waters France-Belgique
Service communication Corporate
6 avenue Morane Saulnier
78140 Vélizy-Villacoublay
Standard : +33 (0)1 41 23 38 00



Voir aussi


Saga Contrex  – Prodimarques
La map minceur de Contrex  – Le monde marketing

Le vin pour femmes

Vénus Bag

Image : Vénus Bag

Cible : ♀


 Caractéristiques

Depuis quelques années se rencontre une tendance insistante : le vin pour femmes.

Partant du principe que la Femme a le palais tendre, sucré et raffiné et qu’elle n’y connaît rien en vin (?) – tout comme elle ne mange pas de fromage fort, de viande saignante ou de junk food – cette tendance se propose de lui faire découvrir ce monde jusque-là inconnu, avec force rose et paillettes et, cohérence oblige, force vins rosés.

Au-delà du problème de la carte des vins systématiquement proposée à Monsieur au restaurant, on trouve maintenant des vins marketés spécialement pour les femmes (généralement des rosés), des concours réservés aux femmes, des guides pour femmes expliquant comment choisir un vin, des rayonnages de magasins pour femmes et autres réseaux professionnels pour femmes…


Quelques exemples…

Vins pour Elles

Capture d’écran du site Vins pour Elles

→ Vins pour Elles, initiative pour installer des linéaires de vins pour femmes dans certains magasins du sud de la France.
Le site est très girly, rose avec des rubans, des fleurs et des cœurs. Il part du principe que les femmes sont perdues devant le rayon vins (aucun homme ne serait jamais dans ce cas ?) et propose un linéaire aux couleurs du site.

[Ce linéaire]s’adresse à toutes les consommatrices, perplexes ou perdues devant des linéaires remplis de centaines de références de vin de toutes les couleurs et toutes les régions, qui ont beaucoup de difficultés à dénicher la bonne bouteille qui accompagnera parfaitement l’apéritif ou le repas de la semaine et du dimanche.

Vénus Bag, « l’élégance du vin au féminin ». Cette fontaine à vin se voulant « très raffinée » se présente donc en forme de sac à main noir, à motifs de fleurs, cœurs et autres ♀ (roses). Le design de l’emballage est mis en avant bien plus que le vin lui-même, qui n’est même pas forcément nommé dans les médias – un rosé, bien sûr.

Le Vin au Cœur des Femmes, société spécialisée dans l’événementiel œnotouristique (à l’origine du Vénus Bag), dont le logo est… un cœur rose et violet, composé de verres de vins.

Be.

Image : Be.

→ Le vin californien Be., développé pour les jeunes femmes : la gamme est faite de vins blancs, rosés, légers, fruités qui se vendent grâce à un sentiment/une ambiance plutôt que par leur goût (« Enfin ! des vins qui s’assortissent à votre personnalité ! »). On trouve ainsi Chic, Fresh, Flirty et Bright. Depuis le lancement, la gamme s’est élargie et l’on trouve désormais un vin rouge (« Tempting », tentation).
La communication se veut très fraîche, graphique et « féminine ».

Le guide pour les femmes qui veulent trouver l’homme le vin idéal, de Laurie Matheson et Nicole Seeman. Ce petit guide joue la carte de l’humour et présente le vin comme un homme, avec qui il faut avoir un rendez-vous, un premier baiser, une présentation aux amis, etc. Ainsi, la Femme (hétérosexuelle, évidemment) s’intéresse au vin à travers le prisme du « prince charmant ».

Vous êtes une jeune femme, bien sous tous rapports, vous cherchez le vin idéal : racé, élégant, généreux, riche, puissant, vif, nerveux, classique, exubérant, souple, complexe, brillant, rond, fin, subtil, beau, bon, mûr, jeune, nature, franc.. (rayer éventuellement quelque mentions, inutiles ou contradictoires) pour l’accompagner dans les dîners en ville, partager des nuits d’ivresse, étancher sa soif de plaisir, découvrir son château, le marier avec des plats délicieux, bien vieillir ensemble…
[…] Si vous êtes un homme, ce guide n’est pas fait pour vous. Vous avez juste le droit de l’offrir.

→ Un site et un guide, Fémivin : premier espace du vin « au féminin » par Isabelle Forêt.

Un guide pas comme les autres, axé sur le palais féminin, qui privilégie les arômes fruités, des vins soyeux, plus souples, moins tanniques que ceux qui relèvent du choix masculin.
[…]Les meilleurs rosés : des vins  » tendance « 


Problème

L’image que ça donne. De nous, les femmes. De notre superficialité. De notre propension à aimer le léger. Le frais. Le subtil. Voire le sucre. En tout cas, le rose, une couleur connotée. Qu’on dise que c’est du second degré ? Non. Ça ne l’est jamais.
[…]
On crée une espèce de femme artificielle, extrêmement superficielle et « girly », qui voit le vin comme un jeu, qui choisit le vin comme un parfum et dont on dit : « Voilà, femmes, vous devez vous comporter comme ça. Car vous êtes plus fines et sensibles, vous ne goûtez pas comme des hommes. D’ailleurs, on va vous créer un univers à vous parce que non, décidément, le monde du vin est trop masculin. » Une case marketing. Un ghetto.

Sandrine Goeyvaerts de la PinardotheK, à No Wine is Innocent.

✔ Rose rose rose
✔ Stéréotypes de genre : biologie (le palais de la Femme est plus délicat, plus sensible que celui de l’Homme)
✔ Stéréotypes de genre : goûts (la Femme aime le vin très fruité et sucré, léger, pas ce qui est fort ou amer)
✔ Stéréotypes de genre : compétences/intérêts (la Femme n’y connaît rien en vin et a forcément besoin d’être aiguillée ; elle va surtout regarder les jolies étiquettes et a besoin d’un emballage qui s’adresse à elle, en forme de sac à main ou avec de petits cœurs)
✔ Infantilisation, à travers tous les problèmes évoqués ci-dessus

Ce genre de marketing crée artificiellement des stéréotypes là où il n’en existait pas auparavant : les femmes ont toujours aimé et travaillé toutes sortes de vins et n’ont pas un goût unique commun à toutes, et on devrait maintenant croire que la Femme n’aime que certains types de vin et n’y connaît pas grand-chose.

À noter : la majorité des femmes préfère le vin rouge et 70% des Françaises choisissent leur vin sur son origine, et non sur son design ou s’il est tendance.
Étude Vinexpo.



Voir aussi


Vin de femme ? « Mes couilles, oui ! », répond la caviste – No Wine is Innocent, Antonin Iommi-Amunategui
Le féminisme est-il soluble dans le pinard ? – La PinardotheK
Le complexe de la cruche (rencards, petite robe noire et stilettos) – Le Miroir : Chroniques du jus d’octobre, Manon R.

La vie, les courses (et ta mère) « au féminin » – Genre !,  Anne-Charlotte Husson
(sur l’utilisation de l’expression « au féminin »)

Kinder Surprise – Kinder

Kinder Maxi Surprise

Maxi Kinder Surprise. Image : Ferrero / Kinder

Ferrero – 1974, genré mi-2013.

Cible : ♀ / ♂


 Caractéristiques

Ces petits œufs célèbres se présentent à l’unité ou par boîte de trois, emballés dans un papier d’aluminium aux couleurs de la marque, rouge et blanc. Depuis 2013, les jouets surprises sont divisés en deux catégories, « fille » et « garçon ». L’emballage du  Kinder « fille » s’est alors paré d’une teinte supplémentaire, le rose.

Pour les grandes occasions (Noël, Pâques…), ils existent en version géante :  Maxi Kinder Surprise. Ceux-ci existent en trois formats. Cette année, le 220 grammes est neutre, vert, et propose un jouet Looney Tunes ; les petit et grand formats sont disponibles en version fille et garçon, avec des jouets Winx / The Avengers pour l’un et Cars / Princesses Disney pour l’autre.

Ces versions sont emballées dans un papier rose ou bleu, sur lequel il est expressément écrit « Fille » et « Garçon » .


Justification / « bénéfices produit »

66% de parents trouvent qu’avoir des œufs Kinder Surprise bleus et roses les a aidé·e·s à savoir lequel acheter pour leur enfant


Réception

L’idée n’a pas été bien reçue partout, le Kinder Surprise ayant été depuis sa naissance une friandise et un jouet neutre. Les plaintes portant notamment sur l’absence de surprise, les enfants connaissant dorénavant à l’avance le jouet qu’ils vont y trouver.
Quelques tweets (EN) s’en plaignent également.

Cependant, de nombreuses personnes ont plébiscité les Kinder « pour filles », insistant sur le fait de devoir laisser les filles rêver à être des princesses et de ne pas choisir le jouet pour elles – étrange lorsque l’on considère que c’est précisément ce qui est reproché à Kinder. (voir les commentaires de l’article de Terra Femina, plus bas.)


Problème

✔ Rose
✔ Stéréotypes de genre : goûts (les filles aiment les princesses et les fées, les garçons aiment les voitures et les super-héros ; on sous-entend que les enfants ne peuvent apprécier les mêmes jouets)
✔ Le masculin comme neutre par défaut : les Kinder Surprise normaux sont désormais divisés en « fille » et « garçon » ; pourtant, seul l’emballage de la version « fille » a été modifié (peint en rose). L’emballage « garçon » est le même que le Kinder d’origine.


Réaction de la marque

À l’une de ses clientes (Royaume-Uni, octobre 2013), qui se plaignait des nouveaux œufs genrés, Kinder a répondu :

Nous ne promouvons pas nos produits comme spécifiques à un genre. En fait, Kinder Surprise Bleu et Rose offre une gamme de nouveaux jouets intéressants dans des œufs colorés qui aident les parents et grands-parents à naviguer dans le rayon et à prendre leurs décisions de consommateurs·trices en se basant sur ce qui est pertinent ou non pour leurs enfants ou petits-enfants.


Points bonus

✔ Kinder UK a prétendu ne pas genrer ses produits (il n’était effectivement pas écrit « pour garçon » ou « pour fille » sur l’édition en question ; c’est bien le cas de l’édition française de Pâques), devenant de ce fait la seule marque au monde ignorant la connotation actuelle des couleurs bleu et rose, et notamment de leur association dans les rayons jouets.
✔ Pour parler de ses employé·e·s, Kinder propose sur son site un onglet « Les Hommes ».


Contacter la marque

Page du Maxi Kinder Surprise
Facebook / Contact

Ferrero France Service consommateurs
B.P.58 76131 Mont-Saint-Aignan Cedex

0800 653 653



Voir aussi


Ferrero invente le Kinder « mauvaise » surprise – Kesako, Florence Poirier
Du rose pour les poupées, du bleu pour les voitures, mais Kinder Surprise assure ne pas être sexiste – Yagg, Julien Massillon
Kinder Surprise pour fille : l’Allemagne féministe dénonce la « pink hystérie » – Terra Femina

« Soirée Fille » & « On joue ! » – Apéricube

Apéricubes Soirée filles

Apéricubes On joue

Captures d’écran du site Apéricube / BEL.

Bel – février 2011.

Cible : ♀ / ♂


 Caractéristiques

Deux assortiments sortis en même temps, l’un explicitement destiné aux « filles » et l’autre aux hommes.

L’assortiment « Soirée filles » est présenté dans un emballage rose et brillant, avec de petits motifs floraux. Les saveurs proposées sont « Chèvre », « Légumes du soleil » et « Poêlée de Saint-Jacques ».

L’assortiment « On joue ! » est présenté dans un emballage évoquant un tapis de jeu : vert, avec un motif de jetons et des cartes. Les saveurs proposées sont « Poulet grillé », « Emmental gratiné » et « Pizza ».


Justification / « bénéfices produit »

La marque a voulu des assortiments qui « joue[nt] la carte de la convivialité et du partage. »


Réception

Plusieurs articles sur internet mettant en avant le sexisme de ces deux assortiments.


Problème

✔ Rose (packaging)
✔ Stéréotypes de genre : goûts/habitudes de vie (la Femme, créature raffinée et perpétuellement au régime, aime les légumes et la coquille Saint-Jacques ; l’Homme lui ne se nourrit que de junk food grasse et frite)
✔ Stéréotypes de genre : intérêts (la Femme babille en troupeau, l’Homme aime le poker)
✔ Infantilisation (nom) : utilisation du terme « filles », au lieu de « femmes » pour l’assortiment féminin. Voir ici (EN).
✔ Vocabulaire de la compétition pour l’assortiment masculin (« que le meilleur gagne », univers de jeu)


+ d’infos

Ces deux assortiments ne sont plus disponibles à la vente. Difficile de savoir ce qui en a motivé le retrait, Apéricube étant une marque vivante qui propose et retire des saveurs et des assortiments régulièrement.
En 2011, les trois saveurs « Soirées filles » étaient déjà sorties dans divers assortiments, « Poulet grillé » et « Emmental gratiné » dans des éditions limitées ; elles existent toujours dans d’autres assortiments. Seule la saveur « Pizza » était inédite au moment du lancement, et elle n’existe plus aujourd’hui.



Voir aussi


L’assortiment « Y a match », venu compléter la gamme un an plus tard – À vos assiettes

Apéricube réinvente l’apéritif avec le fromage sexiste – Le Plus, Ève Gratien
Apéricube Soirée fille, le fromage misogyne vachement bête – Cocotte Moreau

Beef! le magazine culinaire pour hommes

Beef! Pour les hommes qui ont du goût


Image : BEEF! CÉOL PRESS

CÉOL PRESS – mars 2014.

Cible : ♂


 Caractéristiques

Magazine culinaire trimestriel, de type lifestyle avec des reportages, ciblant les hommes.
172 pages, 7,50€. Attention particulière portée au design, photos de produits brutes, cahier central détachable.


Justification / « bénéfices produit »

La gent féminine a décidé de prendre le pouvoir, au point que l’on trouve aujourd’hui des femmes à la tête de multinationales de la high-tech et même de l’automobile. Grand bien leur fasse. Profitons-en pour reprendre la place laissée libre en cuisine. Nous pourrons ainsi réaffirmer nos valeurs et redonner à la viande rouge, aux féculents, aux matières grasses toute la place qu’ils méritent.
BEEF!, qui connaît un succès incroyable outre-Rhin depuis 2009, débarque donc en France pour les mâles qui veulent renouer avec le vrai goût des choses.


Réception

Partagée. Beaucoup de réactions dénonçant le sexisme et la caricature « beauf » du magazine, notamment suite au communiqué de presse annonçant sa sortie.
Beaucoup de réactions positives également, louant un magazine « qui change un peu » – généralement sous couvert de « second degré », ignorant souvent (ou même réfutant totalement) le sexisme pourtant assumé de la publication.


Problème

✔ Injonctions à la virilité (passant notamment par des articles sur la viande, très connotée).
✔ Stéréotypes de genre – habitudes : la Femme mange light, l’Homme mange de la viande et du gras et ne rechigne pas devant les abats.
Exemple : « Le barbecue, c’est géant ! Chaud devant les filles ! […] Rassurez-vous : on a pensé aux légumes. » (site internet)
✔ Stéréotypes de genre – caractère : la Femme a des « lubies », elle est inconstante et change toujours d’avis. Elle est aussi très délicate avec sa « manie toute féminine » de laisser à d’autres une tache peu ragoûtante. (voir communiqué de presse)
✔ Stéréotypes de genre : l’Homme est fort et puissant , la Femme a besoin d’une machine (« Pétrir requiert force, vigueur et résistance physique »).


Réaction de la marque

  Quand je vois ce que fait une certaine presse féminine, qui met par exemple systématiquement en avant les régimes à l’approche de l’été, ou publie à tour de bras des articles sur comment garder son mec, je me demande si l’on ne se trompe pas de cible.
C’est surtout représentatif d’une société crispée sur les questions de genre après le débat sur le mariage pour tous, et les rumeurs sur la théorie du genre.

Alexandre Zalewski


Points bonus

✔ Hétérocentrisme
✔ « Mais c’est du second degré/de l’impertinence ! »


Contacter la marque

Site internet
Facebook / Twitter / Formulaire de contact / Contacts

Contact BEEF! : Rédaction : Alexandre Zalewski – a.zalewski@ceolpresse.fr / Cécile Maître – c.maitre@ceolpresse.fr



Voir aussi


Moi homme, moi manger viande et aimer gras – Meufs, Mélissa & Nora.
Beef! : nouveau magazine culinaire ou boucherie sexiste, Acrimed, Émilie Laystary

Beef! ça va pas du tout – L’Express, Ulla Majoube

l’interview du rédacteur en chef, Alexandre Zalewski – Geek & Food, Mariam Ndour

Gamme Natur’Elle – Perrin

Perrin.

Cible : ♀


 Caractéristiques

Les outils de jardin de la gamme Natur’Elle ressemblent en tous points aux autres produits proposés. Seule la couleur diffère : ils sont mauves et le manche peut être décoré d’un motif floral.

Exemples : hachette Natur’Elle et  hachette « normale »scie à élaguer Natur’Elle et scie à élaguer « normale » ; fourche à rosier Natur’Elle et fourche à rosier « normale » (il est à noter que la référence manche est la même pour les deux produits).


Justification / « bénéfices produit »

La Gamme Natur’elle présente des outils de jardin spécialement conçus pour les femmes. Les outils de la gamme Natur’elle présentent plusieurs particularités :

  • Un look tendance
  • Une finition spécifique
  • Une ergonomie adaptée à la femme
  • Un procédé de fabrication garantissant une qualité « professionnelle » »

Problème

✔ Rose (…mauve)
✔ Aucune différence avec le produit original (dont l’ergonomie était donc déjà adaptée à la Femme ?)
✔ Stéréotypes de genre (goûts : la Femme, futile, veut un outil « tendance »)


Contacter la marque

Page de la gamme Natur’Elle
Contact



Voir aussi


Féminine, même au jardin ! Les accessoires à la mode… – JardinDéco
Pour ne surtout jamais être surprise en flagrant délit de non-féminité en jardinant.